L'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée & Corse, établissement public de l’Etat, incite et aide, à l’échelle de ses bassins versants, à une utilisation rationnelle des ressources en eau, à la lutte contre leur pollution et à la protection des milieux aquatiques.

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lundi 26 mars 2012

Une approche concrète du dialogue citoyen dont les impacts restent à approfondir

Espace France - Le dialogue citoyen : du local à l’international
vendredi 16 mars

Sur l’Espace France, dans la session intitulée « Dialogue citoyen : du local à l’international », les intervenants détaillèrent ce que signifiait la participation citoyenne dans les projets d’eau, grâce à la présentation de trois expériences :
  • La session s’ouvrit sur le cas de l’élaboration du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) regroupant les quatre pays d’Afrique de l’ouest (la Guinée, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal) sur le territoire desquels se déploie le bassin du fleuve Sénégal. Ce schéma directeur intègre une participation locale. Le changement d’échelle entre cette participation locale et l’envergure régionale du projet à l’architecture institutionnelle forte constitue l’aspect le plus innovant du projet.
  • La concertation entre élus, usagers (industriels, agriculteurs, consommateurs), ONG et communauté scientifique dans le cadre d’un projet visant à sauver une nappe phréatique menacée de salinisation dans le bassin Adour Garonne fut ensuite très rapidement présentée. 
  • Enfin, un film sur trois projets de plus ou moins grande ampleur visant à sensibiliser la population (et notamment les enfants) à la valeur de l’eau, fut diffusé.
Les intervenants partagèrent avec le public quelques unes des méthodes qu’ils utilisent. Nombreuses sont celles qui s’appuient sur des activités artistiques (le dessin et la peinture, la musique, le théâtre, la danse), dans l’idée qu’il faut toucher l’émotionnel pour décomplexer les citoyens et valoriser leur savoir, pour qu’ils s’approprient véritablement les enjeux liés à l’eau. L’interaction est essentielle, il ne s’agit pas seulement d’enseigner mais de construire ensemble le savoir sur la situation locale. L’important est d’être proche de la population sur un temps suffisamment long. Ainsi, dans le projet de l’OMVS qui a duré trois ans, les animateurs sont des locaux qui peuvent communiquer avec les populations dans leur propre langue.

Le coût de campagnes visant au dialogue citoyen a été jugé comme un bon investissement, sans toutefois que les impacts et la prise en compte réelle de la participation citoyenne aient été présentés dans le détail. Ils auraient mérité d’être davantage développés. Par exemple, dans le cas de l’OMVS, les informations collectées lors des sessions de participation citoyenne remontaient vers les différents organes de décision, par l’intermédiaire des animateurs, mais on ne sait pas exactement dans quelle mesure elles ont été prises en compte dans le SDAGE. Dans le cas de la Gironde, la concertation semble avoir servi des objectifs prédéfinis - faire comprendre aux usagers l’importance du projet visant à protéger la nappe de la salinisation et ainsi leur faire admettre la nécessité de nouvelles taxes - plutôt que d’élaborer un véritable plan en commun. Ainsi, si on ne peut que louer de telles initiatives, la dynamique de « bottom-up » ne se met pas pour autant en place, dans la mesure où le dialogue citoyen reste initié par des autorités, qu’elles soient locales, nationales ou régionales.

Eudora, Master 2 Affaires internationales, Sciences Po Paris
Maguelone, Master 2 Affaires internationales, Sciences Po Paris

jeudi 22 mars 2012

GARONNE 2050 : la démarche prospective de l’Agence de l’eau Adour Garonne


Espace France - Intégrer les changements globaux dans la future gestion de l'eau : comment prendre en compte une approche prospective ?
 jeudi 15 mars

A 13h, au premier service des petits fours de l’Espace France, difficile de se concentrer sur l’apport de la démarche prospective pour les futurs de la gestion de l'eau... Heureusement, le format de la session, une succession de petites interviews, était bien choisi pour capter l’attention de l’auditoire.

L'Agence de l'eau Adour Garonne vient d'entamer une étude prospective à l’échelle du bassin de la Garonne et à l'horizon 2050. Cette démarche doit permettre d'anticiper et de mettre en regard les besoins et les ressources en eau disponibles à l’échelle du grand bassin de la Garonne, et prendre clairement en compte les changements globaux forts qui se dessinent aujourd'hui dans le contexte économique et sociétal (pour plus de détails, aller voir le site de l'AEAG). La présentation de la démarche Garonne 2050 était intéressante, même si le lien avec les autres interventions n’était pas évident. Cependant, tous les intervenants se sont justement dits intéressés par ce type d'approche, qu'ils souhaiteraient pouvoir reproduire.

On peut se demander si le choix des intervenants extérieurs à l'Agence était pertinent. Si un effort a été fait pour réunir des personnes d’horizons et de pays différents, ils n’avaient ni les compétences ni l’expérience sur les méthodes de la prospective qui leur auraient permis de réagir. La conférence a donc constitué en une bonne introduction à l’utilité de cette discipline, mais elle est restée un peu superficielle. De plus, la démarche engagée par l'Agence étant toujours en cours, il aurait pu être intéressant d'avoir aussi l'illustration d'un exercice de prospective plus abouti, pour avoir une idée des résultats qu'on pourrait en attendre.

Nous avons pu discuter avec Françoise Goulard, responsable prospective de l'Agence Adour Garonne. Elle a insisté sur l’intérêt d’échanger avec d'autres pays pour remettre en perspective nos problématiques et échanger sur les exercices en cours.

Marc Abadie, directeur de l'Agence Adour Garonne a conclu la session en mettant en avant les apports d'une démarche prospective participative. Pour lui, il faut avant tout que les acteurs partagent le diagnostic sur les problèmes pour pouvoir chercher des solutions. Interrogé sur la difficulté de s'intéresser à des échéances de long terme, comme 2050 dans le cas des scénarios de l'Agence, Marc Abadie a rappelé que pour les problèmes de l'eau, l'horizon de 2050 n'était pas si lointain. Ce message mériterait d'être diffusé plus largement. L’urgence de la situation, combinée à la temporalité des réponses apportées par l’environnement nous encourage à réfléchir à ce type d’échéance.

Sarah, Mastère spécialisé PPSE, AgroParisTech-ENGREF
Pauline, Mastère spécialisé PPSE, AgroParisTech-ENGREF

mercredi 21 mars 2012

Expériences de gouvernance en Méditerranée

Session régionale MED3.2
mercredi 14 mars

L’objectif de cette session était de présenter les solutions en matière d’adaptation de la gouvernance aux mutations climatiques, politiques, socio-économiques et environnementales dans la région Méditerranée, à travers cinq études de cas : un cas espagnol, deux cas marocain, un cas tunisien et un cas des Balkans de l’ouest.

Dans une région particulièrement touchée par la pénurie d’eau, les solutions dégagées pour la gestion de cette précieuse ressource s’appuient sur une intégration sectorielle et une participation active de l’ensemble des acteurs du territoire. Comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, « ce n’est qu’en parlant un langage commun que l’on trouve des solutions ». Les difficultés résident dans la gestion des interconnections entre les différentes parties prenantes, situées à des niveaux allant du local à l’international, dans un contexte de changements incessants, paramètres imposant une adaptabilité et une flexibilité des processus de gouvernance.

Au-delà de ces similitudes, chaque cas présente une problématique propre et nécessite donc l’élaboration d’une réponse particulière.
  • Murcia, région structurellement déficitaire en eau, doit impérativement faire appel à la contribution de bassins situés dans d’autres régions. La solution développée confie aux communautés d’utilisateurs la gestion de la ressource.
  • Dans la Province marocaine de Taroudant, la gouvernance participative a permis d’introduire des mécanismes de solidarité et de dialogue. Le Schéma d’Aménagement et de Gestion Intégrée de l’Eau du Bassin Hydraulique d’Arghane (SAGIE) est conduit dans un processus de concertation par un Comité de l’Eau et un Atelier de Concertation regroupant l’ensemble des parties prenantes.
  • En Tunisie, pays connaissant une tradition centenaire de gestion des systèmes d’irrigation, une révision du cadre juridique avait pour objectif de faciliter la création de Groupements de Développement Agricole (GDA). Des retours d’informations et d’expériences continuent de nourrir ce processus de gouvernance.
  • A Casablanca, l’opérateur du projet d’accès au service d’eau potable et d’assainissement aux quartiers d’habitat non réglementaire a joué un rôle déterminant dans l’intermédiation. La volonté politique et la connaissance socioéconomique et technique du terrain ont été également essentielles à la réussite de la démarche.
  • Enfin, dans les Balkans de l’ouest, la Dinaric Arc Sustainable Hydropower Initiative (DASHI) mise en œuvre par le World Wide Fund, a pour objectif la prise en compte de la préservation des écosystèmes dans le cadre de projets hydroélectriques. En instaurant un partage d’informations entre autorités locales et nationales, entreprises hydroélectriques, bailleurs de fonds et associations, cette nouvelle forme de gouvernance vise à davantage de transparence pour conduire à des choix durables en matière de développement.
Le temps de présentation de chaque projet étant assez court, il est regrettable que les intervenants n’aient pu suffisamment insister sur la spécificité de chaque cas. En particulier, il aurait été intéressant d’en apprendre davantage sur les processus d’adaptation des modes de gouvernance aux changements politiques dans le contexte du Printemps arabe.

Maguelone, Master 2 Affaires Internationales, Sciences Po Paris
Mehdi, École des Ingénieurs de la Ville de Paris

Continuité écologique : comment aller plus loin ?


Porter à haut niveau l’enjeu environnemental dans la conception et la gestion d’ouvrages hydroélectricité
vendredi 16 mars

La session « Porter à haut niveau l’enjeu environnemental dans la conception et la gestion d’ouvrages hydroélectricité » à l’Espace France visait à présenter les solutions à notre disposition pour restaurer (ou conserver) la valeur écologique des cours d’eau dégradés par la présence d’ouvrages hydroélectriques. Organisée par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse (AE RMC), on pouvait compter en plus des témoins français (EDF, Bureau de l’eau et de la biodiversité du Ministère de l’écologie, AE RMC, micro-centralien), le WWF et l’association internationale des électriciens.

La présentation faite par le directeur de l’agence a été efficace, allant droit au cœur du sujet avec des exemples pertinents. Il a su mettre en avant les 3 points noirs liés à la présence d’ouvrages sur nos cours d’eau (transports des sédiments, gestion des flux et mobilité piscicole), l’importance de concilier solutions techniques et économiques, ainsi que les particularités de l’énergie hydroélectrique en tant qu’énergie durable « stable ». Il a également mis l’accent sur l'actuelle diminution de la consommation d'eau, qui selon lui découle en partie du Grenelle de l’environnement (ce-dernier ayant été également loué par le WWF, mais pour la dimension participative de la démarche). Nous déplorons cependant ces quelques mots malheureux : « [nous continuons de] créer de la continuité écologique » alors que nous ne faisons que restaurer ce que nous avons fortement dégradé. Rappelons aussi qu’être leader dans un domaine n’implique pas forcément que l'on y est exemplaire...

Les différents intervenants ont su mettre en avant les "bonnes actions" qu'ils ont conduit en matière de continuité écologique. Les retours d’expériences sont certes intéressants, mais pour ce dernier jour du forum des solutions, nous attendions des engagements novateurs. C’est ce qui a été en ébauché avec l’intervention de l’IHA (International Hydropower Association) qui a présenté son protocole d’évaluation de l’hydroélectricité durable, visant à établir le profil environnemental des ouvrages. Alby Schmitt (Ministère de l’écologie), a également souligné le manque de porteurs de projets à l’échelon local et a proposé de réunir les concessionnaires par bassin versant comme nouvelle forme de gouvernance sur ces sujets. Le WWF, quant à lui, s’est permis un « rappel à l’ordre » précisant que même si la situation évolue en France, les tendances restent préoccupantes et qu’il faut donc mener des réflexions plus larges sur l’impact des ouvrages et leur utilité réelle (en fonction des situations).

Finalement, EDF a recadré (mais un peu tard) les discours précédents en précisant que les concepts développés n’étaient pas nouveaux mais issus d’une réflexion vieille de plusieurs décennies déjà. Par ailleurs, selon EDF, la problématique clé est celle de l’hydromorphologie des cours d’eau, sur laquelle on travaille trop peu encore aujourd'hui.

Mehdi, École des Ingénieurs de la Ville de Paris
Pauline, Mastère spécialisé PPSE, AgroParisTech-ENGREF

jeudi 15 mars 2012

Événement Thau: 200 personnes réunies à Sete



Après une maturation difficile, l'événement "La lagune de Thau: une démarche exemplaire de gestion intégrée" s'est tenu ce matin salle Georges Brassens (bien sur !) a Sète. Il a réuni 200 personnes environ, mais assez peu de congressistes (environ 45 sur 120 pourtant inscrits). Les partenaires du futur contrat de gestion intégrée étaient tous présents et ont signé la déclaration d'engagement pour le contrat. La matinée de travail était organisée autour de 3 temps de travail: 
1- présentation des usages et problématiques de la lagune par les élus compétents, 
2- analyse critique et retour d'expérience par deux techniciens d'IFREMER et du PAM, 
3- présentation de la solution "contrat" et discours de signature. L'après midi à été consacré à une visite en bateau de la lagune. La journée à été plus politique que technique, faisant une place importante à la gouvernance. Cette analyse se retrouve d'ailleurs dans certaines fiches d'évaluation des congressistes, néanmoins satisfaits dans leur grande majorité.


mardi 13 mars 2012

La GIRE va-t-elle faire débat ?

INTRO 2.1 - Utiliser nos ressources en eau intelligemment
lundi 12 mars

En ce 1er jour, nous avons assisté à la séance introductive du groupe de réflexion sur la Gestion Intégrée de la Ressource en Eau (GIRE) : « utiliser nos ressources en eau intelligemment ; comprendre et garantir la bonne gestion des ressources en eau », présidée par Ari MICHELSEN (président de l’AWRA : American Water Resources Association). Après une présentation de quatre études de cas, les sessions thématiques des prochains jours ont été introduites par leurs responsables respectifs.

La plupart des points attendus nous semblent avoir étés développés : action à l’échelle des bassins versants, coopération transfrontalière et besoin de portage politique fort, besoin d’un financement adapté…etc. Les quatre études de cas détaillés montraient l’importance de décliner ces points selon le contexte local. Comme l’a souligné Laurent FAYIEN (Agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse) : « le système doit être dicté par son territoire et ses acteurs ».

Nous avons étés agréablement surprises par le discours de Mme Carole COLLIER (directeur du Delaware River Basin) qui a fortement insisté sur la place à donner à l’éducation dans la GIRE. Mais nous aurions pourtant aimé qu’elle approfondisse ce point, qui ne sera a priori pas abordé dans les sessions suivantes.

La présentation du Comité Intergouvernemental de Coordination du bassin du Rio de la Plata (CIC Plata) nous a particulièrement impressionnées, par l’ambition de son programme cadre de « Gestion Durable de la Ressource en Eau », sur ce bassin hydrographique qui réuni pas moins de cinq pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay). Cependant, nous nous interrogeons sur les résultats d’un tel dispositif : est-ce une coordination de façade ? De manière générale, il aurait été appréciable que ces études de cas ne se limitent pas à une description des moyens mis en œuvre, mais apportent aussi une analyse des résultats obtenus. Ainsi, nous avons été déçues par le manque de débat suscité par ces présentations. Nous nous sommes par exemple interrogées sur la focalisation des intervenants sur la réponse aux "changements climatiques" comme seul défi à relever dans les prochaines décennies. Toutefois, il s’agissait seulement d’une introduction, la discussion n’était peut-être pas l’objectif de la session. De plus, le panel d’experts, préexistant au forum des solutions, semble vouloir faire le point sur les avancées dans ce domaine. Nous espérons tout de même que le débat sera plus animé lors des prochaines séances.

Pauline, Mastère spécialisé PPSE, AgroParisTech-ENGREF
Suzanne, Mastère spécialisé PPSE, AgroParisTech-ENGREF

L'Hérault, figure de proue de la gestion de l'eau "à la française"


Espace France - Partageons les solutions de gestion intégrée : l'exemple de l'Hérault
mardi 13 mars


Après 20 minutes dans la file d'attente pour passer les portiques de sécurité, nous voilà partis pour ce deuxième jour de Forum. Nous débutons la journée par une table ronde sur la gestion intégrée de l'eau dans le département de l'Hérault.

Cette session s'est révélée être une présentation sur l'organisation administrative de la gestion de l'eau à la française, plutôt qu'une réelle étude de cas. Si les caractéristiques socio-économiques et environnementales du département de l'Hérault ont bien été mises en avant, leurs conséquences sur la gestion n'ont pas été abordées. En revanche, la session a mis en évidence l'implication du Conseil Général de l'Hérault dans cette gestion intégrée, ainsi qu'une structure originale : le Conseil Départemental de l'Eau. Ce dernier réunit les services de l'Etat, le Département, la Région, les opérateurs de l'eau, la Chambre d'Agriculture… On peut s'interroger sur l'apport de cette structure par rapport à celles existantes, comme les Comités de Bassin ou les Commissions Locales de l'Eau, qui réunissent déjà tous les acteurs de l'eau. D'autant plus que les intervenants ont insisté sur l'importance de gérer l'eau à l'échelle des bassins versants, quel est alors l'intérêt de rajouter cet échelon départemental ?

Globalement, nous nous interrogeons sur l'objectif de ce style de présentation. Si celle-ci avait pour ambition de partager des solutions de gestion intégrée, n'aurait-il pas été pertinent de mettre en avant les résultats et les difficultés de mise en place de ce type de gestion pour d'éventuels décideurs intéressés ? Nous avons cependant apprécié le large panel d'acteurs réunis (collectivités, État, association, organisme de recherche) et le partage d'une expérience de coopération internationale entre collectivités. Cette conférence témoigne de la coordination effective mise en place dans le département de l'Hérault, ainsi que de la diversité des approches inhérentes à la gestion intégrée des ressources en eau.

Pauline, Mastère spécialisé PPSE, AgroParisTech-ENGREF
Suzanne, Mastère spécialisé PPSE, AgroParisTech-ENGREF